En octobre 2024, ARISE IIP, Afreximbank et Rieter AG ont signé un accord-cadre pour lancer le « Africa Textile Renaissance Plan ». Doté de 5 milliards USD, ce plan prévoit la transformation de 500 000 tonnes de coton africain en produits finis, avec une capacité potentielle d’extension à 1 million de tonnes. L’objectif est de générer jusqu’à 500 000 emplois, renforcer la transformation locale du coton et réduire les importations de textiles. Ce partenariat se déploie via des zones industrielles de pointe dans plusieurs pays d’Afrique.
Une dynamique régionale portée par l’industrialisation
Des pays comme le Bénin investissent massivement à travers ARISE, le fonds souverain et les ginning companies pour développer un modèle « farm to fashion ». L’objectif est de multiplier par cinq la capacité manufacturière d’ici 2030. Ces projets s’appuient sur des atouts compétitifs tels que la proximité des champs de coton et un impact carbone réduit par rapport aux chaînes d’approvisionnement asiatiques.
Le cas du Sénégal : renaissance à Kaolack
Au Sénégal, l’usine historique Domitexka a rouvert à Kahone (près de Kaolack) en juillet 2024. L’objectif : relancer les activités de filature, tissage, tricotage, impression et teinture, et créer 2 100 emplois directs d’ici trois ans. Le plan prévoit également 2 200 emplois indirects, notamment via les entreprises locales Pitex et Printex. Des innovations énergétiques comme une chaudière alimentée par la biomasse d’arachide sont mises en œuvre. Le financement total s’élève à environ 13,6 M €, dont 5,7 M € en subvention publique.
Le défi de la chaîne de valeur africaine
Le continent exporte plus de 90 % de son coton brut, générant un énorme déficit en valeur ajoutée. Par exemple, le Nigeria, après avoir compté plus de 180 usines textiles dans les années 1980, en exploite moins de cinq aujourd’hui, tout en continuant d’importer plus de 4 milliards USD de produits textiles par an.
Pour y remédier :
- Les projets industriels ciblent la production locale à grande échelle (coton → fil → tissu → vêtement),
- Des politiques sont mises en place pour limiter les importations de seconde main (fast fashion),
- Des fonds d’investissement et des institutions publiques soutiennent les PME et start-ups créatives locales.
Le rôle de la mode et des créateurs locaux
La demande intérieure est en croissance : selon l’UNESCO, beaucoup d’Africains préfèrent consommer du Made in Africa, mais le secteur est freiné par l’insuffisance des infrastructures, de l’investissement et de capacités de production à grande échelle.
Des créateurs comme ceux du Nigeria ou du Sénégal favorisent, par le design et la marque, l’usage de coton produit et transformé localement allant au-delà du tissu jusqu’à raconter une histoire culturelle et économique.
Source : africa-news-agency.com
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