Au Sénégal, la révolution du « Made in Sénégal » n’est plus un slogan : elle devient une réalité concrète, notamment dans le secteur alimentaire. Depuis 2016, la grande distribution moderne observe une évolution notable : Auchan au Sénégal affirme désormais que 50 % de son chiffre d’affaires repose sur l’approvisionnement local, principalement des produits frais traditionnels. Ce bond en avant traduit une mutation profonde des habitudes de consommation mais aussi une confiance croissante envers les entreprises locales.
Des marques sénégalaises qui redessinent le paysage commercial
Des sociétés comme Win Industrie et Ettpa, propriétaires de la marque Sunu (chips, bouye, infusions), illustrent cette dynamique. L’introduction des produits Win Industrie chez Auchan, comme l’eau en bouteille O’Royal, a permis à la marque de se positionner troisième sur le marché derrière Kirène et Eau casamançaise. Quant à la marque Sunu, son chiffre d’affaires a connu un bond significatif en devenant référencée chez Auchan, atteignant 60 millions de francs CFA (≈ 91 500 €).
Cette tendance s’inscrit dans une stratégie politique plus vaste. Le président Bassirou Diomaye Faye et le Premier ministre Ousmane Sonko font du souverainisme économique promouvoir la consommation locale un pilier de leur politique. De nombreux responsables politiques adoptent ces produits dans leur habillement, comme l’illustrent les choix vestimentaires de la première dame Marie Khone Faye ou d’Ousmane Sonko avec la montre Mathydy.
Une consommation locale en plein essor… mais des défis persistants
Le développement du Made in Sénégal répond à l’évolution des modes de vie et à un pouvoir d’achat en légère amélioration, mais la transformation locale reste freinée par des contraintes structurelles. Célestin Tawamba, patron des patrons camerounais, souligne un paradoxe : si la production de denrées comme le sorgho ou le riz progresse, la transformation locale reste largement insuffisante. Le secteur avicole en fournit un bon exemple : malgré une production locale multipliée par quatre entre 2005 et 2019, le Sénégal dépend fortement des importations d’aliments pour volailles et d’œufs à couver.
Vers un renforcement du label et de l’écosystème local
Face à ces défis, l’État sénégalais explore plusieurs pistes pour soutenir l’émergence du Made in Sénégal. L’une d’elles consiste à développer un label qualité national, sur le modèle tunisois, pour encourager la consommation locale au sein de la commande publique une initiative que certains comparateurs sénégalais qualifient de viable et progressive.
Par ailleurs, la stratégie industrielle plus large du gouvernement, incluant la création de nouvelles zones économiques spéciales et d’agropoles, vise à renforcer la transformation locale des produits agricoles en nourriture et biens manufacturés.
Source : www.seneplus.com
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