Le Sénégal a procédé à une révision de sa base des comptes nationaux. L’Agence nationale de la Statistique et de la Démographie (ANSD) a adopté l’année 2021 comme nouvelle base au lieu de 2014. Cette mise à jour conduit à une hausse de 13,5 % du produit intérieur brut (PIB) nominal, qui passe de 15 261 à 17 316 milliards FCFA.
Ce réajustement prend en compte des secteurs longtemps sous-évalués ou sous-déclarés, notamment l’économie informelle, la consommation des ménages, ainsi que de nouvelles activités comme les services financiers numériques, le secteur pétrolier et gazier, et la production de noix de cajou.
De 90,8 % à 80 % : un indicateur dette/PIB revu
Grâce à cette réévaluation du PIB, le ratio dette publique/PIB pour l’année 2021 est désormais estimé à 80,0 %, contre 90,8 % selon l’ancienne base.
Ce changement revêt une importance politique et économique pour le pays. Il redéfinit certaines statistiques macroéconomiques souvent utilisées pour évaluer la soutenabilité de la dette publique, la crédibilité vis-à-vis des partenaires internationaux et la confiance des investisseurs.
Contexte : dette publique, transparence et défi de confiance
La révision intervient dans un contexte tendu, marqué par la révélation en 2024 d’une dette publique non déclarée sous l’ancienne administration.
La découverte de cette dette cachée avait conduit à la suspension d’un programme de soutien d’environ 1,8 milliard de dollars par l’International Monetary Fund (FMI), et à une dégradation de la note souveraine du Sénégal par des agences de notation.
Le gouvernement actuel plaide que la « rebase » du PIB donne une image plus fidèle de l’économie nationale. Il considère que les estimations antérieures, basées sur l’ancienne base 2014, sous-estimaient l’économie informelle, les activités émergentes et la contribution réelle des ménages.
Enjeux et limites : ce que cela ne résout pas (encore)
- La révision du PIB ne change pas les montants absolus de la dette elle modifie le ratio par rapport au PIB. Le poids réel de la dette reste inchangé.
- Les créanciers internationaux et agences de notation peuvent rester vigilants quant à la solvabilité du Sénégal, surtout avec des échéances de remboursement importantes à venir.
- Les défis structurels déficit budgétaire, service de la dette, capacité de mobilisation des recettes, investissement restent d’actualité.
Ce que cela représente pour le Sénégal aujourd’hui
La revalorisation du PIB donne une meilleure visibilité sur l’économie réelle du pays. Le nouveau ratio dette/PIB, plus favorable, peut offrir un meilleur point de départ pour restaurer la confiance des investisseurs, relancer des négociations avec des partenaires financiers et encourager des politiques économiques plus ambitieuses.
Le moment est propice pour que les décideurs poursuivent les réformes engagées transparence, gestion rigoureuse des finances publiques, diversification des sources de revenus afin de consolider la trajectoire macroéconomique dans la durée.
Source : www.reuters.com/world





