Le Sénégal entend accroître la présence des femmes dans les opérations de maintien de la paix des Nations Unies. À New York, le ministre des Forces armées, Yankoba Diémé, a réaffirmé cet engagement en soulignant la nécessité de renforcer leur accès aux fonctions opérationnelles et aux postes de décision.
Une participation féminine au cœur de la paix durable
Le 26 octobre 2026, lors d’une intervention au siège des Nations Unies, Yankoba Diémé a rappelé l’importance de la participation des femmes à la prévention des conflits, à la protection des populations civiles et à la consolidation d’une paix durable.
Cette prise de parole s’inscrit dans le cadre de l’Agenda Femmes, Paix et Sécurité, consacré notamment par la résolution 1325 du Conseil de sécurité de l’ONU. Cet agenda encourage une participation effective des femmes aux processus de paix et aux mécanismes de sécurité internationale.
Depuis 1960, avec sa participation à l’Opération des Nations Unies au Congo, le Sénégal contribue aux missions internationales de maintien de la paix. Fort de cette expérience, le pays défend une représentation plus équilibrée des femmes et des hommes dans les contingents militaires ainsi que dans les instances de responsabilité.
Des avancées institutionnelles, des objectifs à atteindre
Le Sénégal a engagé plusieurs initiatives pour favoriser la place des femmes dans les Forces armées. Un premier Plan d’action national a été adopté en 2011, puis actualisé en 2020. Une stratégie sectorielle consacrée au genre a également été développée au sein de l’institution militaire.
En avril 2023, la nomination de la première femme générale de l’histoire des Forces armées sénégalaises a marqué une étape importante dans l’accès des femmes aux responsabilités militaires.
Le pays bénéficie également du soutien du Fonds ELSIE depuis juillet 2021. Ces initiatives contribuent notamment à identifier les obstacles au déploiement des femmes militaires, à adapter les infrastructures à leurs besoins et à élargir le nombre de candidates susceptibles de participer aux opérations de paix.
Cependant, des défis demeurent. Selon les chiffres présentés par le ministre, les femmes représentent 7,33 % des contingents militaires sénégalais déployés dans les opérations de maintien de la paix, alors que l’objectif fixé pour 2026 est de 13 %.
Pour réduire cet écart, les efforts devront se poursuivre en matière de recrutement, de formation et d’accès aux fonctions opérationnelles, notamment dans les unités d’infanterie.
Renforcer la protection et l’accès aux responsabilités
Au-delà de la représentation numérique, le Sénégal souligne la nécessité de consolider les mécanismes de prévention et de lutte contre l’exploitation et les atteintes sexuelles. La mobilisation de ressources financières suffisantes constitue également une condition importante pour concrétiser les engagements annoncés.
L’Agenda Femmes, Paix et Sécurité repose sur quatre piliers : la prévention, la participation, la protection et le relèvement. Leur mise en œuvre vise à garantir une implication effective des femmes dans les décisions et les actions liées à la sécurité internationale.
Vers une paix plus inclusive
À travers cette intervention à New York, le Sénégal réaffirme sa volonté de poursuivre sa coopération avec les Nations Unies, les États partenaires et les organisations internationales.
L’enjeu consiste désormais à traduire les engagements institutionnels en résultats mesurables, en renforçant la présence des femmes sur le terrain et leur accès aux postes de commandement.
Une participation plus équilibrée constitue ainsi un axe de travail pour des opérations de maintien de la paix qui prennent davantage en compte les besoins des populations et favorisent une sécurité internationale plus inclusive.
Source : www.rts.sn





