La croissance économique mondiale devrait ralentir à 2,6 % en 2026, contre 2,9 % en 2025. Dans son Rapport sur le commerce et le développement publié le 9 octobre 2026, la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED) souligne les difficultés auxquelles font face les économies en développement, dans un contexte marqué par les tensions géopolitiques, les coûts énergétiques et les inégalités d’accès aux nouvelles technologies.
Une économie mondiale sous pression
Malgré les incertitudes, le commerce mondial devrait progresser d’environ 4 % en 2026, selon les projections de la CNUCED. Cette évolution intervient après une année 2025 record, durant laquelle les échanges internationaux de biens et de services ont atteint une valeur estimée à 35 000 milliards de dollars.
Toutefois, cette progression doit être interprétée avec prudence. La hausse des prix, notamment ceux de l’énergie, contribue à augmenter la valeur des échanges sans nécessairement traduire une croissance équivalente des volumes commercialisés.
Les tensions commerciales et les restrictions sur certaines technologies compliquent également l’accès aux marchés internationaux. Les entreprises doivent ainsi composer avec des coûts plus élevés, des chaînes d’approvisionnement en mutation et un environnement économique moins prévisible.
Des écarts qui se creusent entre les économies
Le ralentissement concerne également les pays en développement, dont la croissance devrait passer de 4,7 % en 2025 à 4 % en 2026, selon la CNUCED.
Les performances restent néanmoins contrastées selon les régions. L’Asie devrait représenter 59 % de la croissance économique mondiale en 2026, portée notamment par l’Inde, l’Indonésie et la Chine.
À l’inverse, de nombreuses économies en développement rencontrent des difficultés pour accéder aux financements, aux technologies et aux investissements nécessaires à leur transformation industrielle. Cette situation limite leur capacité à produire des biens à forte valeur ajoutée et à tirer pleinement profit du commerce international.
Le rapport souligne notamment que les économies développées captent environ 70 % de la valeur des investissements annoncés dans plusieurs secteurs stratégiques, dont les semi-conducteurs, les technologies liées à la transition énergétique et les infrastructures d’intelligence artificielle.
L’intelligence artificielle, entre opportunités et concentration des gains
L’intelligence artificielle occupe désormais une place importante dans la dynamique du commerce mondial. Les équipements informatiques avancés et les semi-conducteurs contribuent à la progression des échanges et attirent des investissements considérables.
Cependant, les bénéfices de cette croissance restent inégalement répartis. Les pays qui maîtrisent les technologies, disposent de capacités industrielles avancées et contrôlent les étapes les plus rentables des chaînes de production bénéficient davantage de cette expansion.
Pour les économies africaines, l’enjeu consiste à dépasser le rôle de fournisseurs de matières premières et à développer des activités de transformation, des compétences technologiques et des industries capables de générer davantage de valeur sur le continent.
Quels enjeux pour l’Afrique ?
Les perspectives mondiales présentent plusieurs défis pour les économies africaines. La hausse des coûts énergétiques peut alourdir les dépenses des entreprises et les factures d’importation des pays dépendants des hydrocarbures. Les conditions de financement peuvent également freiner les investissements dans les infrastructures et l’industrie.
Face à ces contraintes, la CNUCED encourage une meilleure coordination des politiques industrielles, financières et technologiques, ainsi qu’un renforcement des échanges régionaux.
La Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) constitue notamment un cadre pour développer les échanges entre pays africains, diversifier les exportations et favoriser l’émergence de chaînes de valeur régionales.
Le développement des énergies renouvelables représente également une piste pour réduire la dépendance aux combustibles fossiles importés, lorsque les conditions locales le permettent.
Source : unctad.org





