Le cancer du sein est le cancer le plus courant chez les femmes, avec environ 2,3 millions de nouveaux cas chaque année dans le monde (OMS, 2023). Le cancer du col de l’utérus, quant à lui, affecte principalement les femmes dans les pays en développement, avec plus de 600 000 nouveaux cas par an (OMS, 2024). Ces deux cancers représentent un défi colossal pour les systèmes de santé. Les coûts directs englobent les dépenses liées aux diagnostics, aux traitements (chirurgie, chimiothérapie, radiothérapie) et aux soins palliatifs.
Le mois d’octobre, connu mondialement sous le nom d’« Octobre Rose », est principalement dédié à la sensibilisation sur le cancer du sein. Cependant, certains pays, dont le Sénégal, ont élargi cette campagne pour inclure également le cancer du col de l’utérus, en raison de sa prévalence significative.
Dans plusieurs pays d’Afrique subsaharienne, l’intégration du cancer du col de l’utérus à la campagne d’ « Octobre Rose », aux côtés du cancer du sein, devient de plus en plus courante. Par exemple, en Zambie, le mois d’octobre est marqué par des campagnes conjointes de dépistage des deux cancers, avec une mise en avant du vaccin contre le papillomavirus humain (HPV), qui est la principale cause du cancer du col de l’utérus (OMS, 2021). De même, au Rwanda, des campagnes nationales de sensibilisation et de dépistage sont organisées pendant ce mois pour encourager les femmes à se faire dépister pour ces deux maladies (Rwanda NCD Alliance, 2021).
Ces efforts conjoints s’étendent progressivement à d’autres pays de la région, reflétant une sensibilisation accrue à l’importance du dépistage précoce et de la vaccination dans la lutte contre le cancer chez les femmes. Les pays à revenu faible et intermédiaire, où les infrastructures médicales et les programmes de dépistage sont moins développés, subissent un fardeau encore plus lourd. Par exemple, en Afrique, la mortalité liée au cancer du col de l’utérus est presque quatre fois plus élevée que dans les pays à revenu élevé en raison de l’absence de dépistage et de vaccination contre le papillomavirus humain (OMS, 2024).
L’impact économique indirect
Au-delà des dépenses médicales directes, ces cancers entraînent une perte de productivité considérable. Les femmes, souvent dans des tranches d’âge productif, sont obligées de quitter temporairement ou définitivement le marché du travail en raison de la maladie ou de traitements lourds. En 2020, les pertes économiques mondiales dues aux cancers féminins étaient estimées à plus de $25 milliards par an, en raison des arrêts de travail et des décès prématurés (Réseau canadien des survivants du cancer, 2023).
Le rôle des entreprises et de la société civile
Face à ces défis, il est impératif que les entreprises et les gouvernements investissent dans la prévention et le dépistage précoce. Selon l’OMS, des programmes de dépistage tels que la mammographie pour le cancer du sein peut réduire la mortalité de 20 à 30 % chez les femmes de plus de 50 ans (OMS, 2023). En intégrant ces initiatives dans les politiques de santé publique, il est possible de limiter l’impact économique à long terme.
L’impact économique au Sénégal
Le Sénégal est particulièrement affecté par ces deux types de cancers. Le cancer du sein est le plus courant chez les femmes dans le pays, représentant environ 34,4 % de tous les cancers féminins diagnostiqués, tandis que le cancer du col de l’utérus représente 29,7 % (Ligue Sénégalaise Contre le Cancer, LISCA, 2024).
Les coûts médicaux liés au traitement de ces cancers sont élevés et peuvent être exorbitants pour les familles. Selon la LISCA, le coût du traitement d’un cancer du sein au Sénégal peut atteindre jusqu’à 3 millions FCFA (environ 4 500 euros), un montant souvent inabordable pour les ménages moyens, sans compter les coûts indirects liés aux déplacements pour accéder aux soins à Dakar. De plus, l’accès au dépistage reste un défi majeur, particulièrement en dehors des grandes villes.
Les efforts de lutte contre les cancers féminins au Sénégal
Le gouvernement sénégalais, en partenariat avec des organisations telles que la LISCA et des initiatives internationales, travaille à réduire la mortalité due aux cancers féminins. Des campagnes de sensibilisation telles que « Octobre Rose » sont cruciales pour encourager les femmes à se faire dépister. Toutefois, il reste beaucoup à faire, notamment en matière de prévention, d’accès aux traitements et d’amélioration des infrastructures de santé en région.
L’introduction de la vaccination contre le papillomavirus humain (HPV) pour prévenir le cancer du col de l’utérus est un progrès important. Depuis son lancement, le programme de vaccination a déjà atteint plusieurs milliers de jeunes filles au Sénégal, réduisant ainsi les risques futurs (OMS, 2024).