En 2024, le paysage du reporting financier des grandes entreprises subit une transformation majeure avec l’intégration des enjeux de durabilité et de responsabilité sociétale des entreprises (RSE) au sein des normes IFRS (International Financial Reporting Standards). Ces normes, établies par l’IASB (International Accounting Standards Board), visent à fournir un cadre harmonisé pour la communication des informations financières. L’évolution vers un reporting durable souligne l’importance croissante des critères environnementaux, sociaux et de gouvernance (ESG) dans le fonctionnement des entreprises.
Création de l’ISSB : Une réponse aux défis durables
La création de l’International Sustainability Standards Board (ISSB) lors de la COP26 en 2021 a été un tournant décisif dans l’évolution des normes de reporting. L’ISSB a pour mission d’élaborer des normes de reporting financier spécifiques aux enjeux de durabilité. Parallèlement, la directive européenne CSRD (Corporate Sustainability Reporting Directive) a été adoptée pour imposer de nouvelles obligations en matière de reporting extra-financier, visant à donner une importance équivalente aux informations durables par rapport aux données financières traditionnelles.
Les normes IFRS S1 et S2 : Pilier du reporting durable
Les nouvelles normes IFRS S1 et S2 imposent aux entreprises de rendre compte de leurs performances en matière de durabilité et d’évaluer les risques climatiques.
IFRS S1 : Information financière et durabilité
Les entreprises sont tenues de détailler leur gouvernance, leur stratégie et leur gestion des risques liés à la durabilité. Cela inclut :
Gouvernance : Identification des groupes et comités chargés de la stratégie de durabilité.
Stratégie : Outils mobilisés pour anticiper les risques et saisir les opportunités liées à la RSE.
Gestion des Risques : Cartographie des risques financiers associés à la durabilité et description des mesures de surveillance mises en place.
Une analyse de scénarios est également recommandée, permettant aux entreprises de montrer comment elles prévoient de faire face aux différents risques identifiés.
IFRS S2 : Information et risque climatique
Cette norme demande aux entreprises de prendre en compte les risques liés au changement climatique, qu’ils soient à court, moyen ou long terme. Les questions à considérer incluent :
Impact : Comment le changement climatique affecte l’activité de l’entreprise.
Atténuation : Quelles ressources sont nécessaires pour limiter cet impact.
Conformité : Comment les stratégies d’atténuation se conforment au cadre juridique en vigueur.
Un exemple concret : L’industrie en action
Prenons l’exemple d’une grande entreprise industrielle. Cette dernière doit évaluer l’impact de ses activités sur l’environnement, en calculant son empreinte carbone et en gérant les déchets produits. Elle doit également tenir compte des risques financiers, tels que l’augmentation des coûts des matières premières ou de l’énergie. Pour répondre à ces défis, l’entreprise pourrait investir dans la recherche et le développement, adapter ses prix ou recruter des talents spécialisés dans la transition énergétique.
En intégrant ces éléments dans leur reporting, les entreprises montrent leur engagement envers la durabilité, tout en rassurant les investisseurs sur leur capacité à faire face aux enjeux contemporains. Cette transparence est désormais essentielle pour attirer des investissements dans un monde où la durabilité devient un critère de choix pour de nombreux acteurs économiques.
Source : lequotidien.sn