La Banque africaine de l’énergie vise un démarrage en juin 2026

L’Afrique franchit une étape importante pour le financement de son secteur énergétique avec l’opérationnalisation prochaine de la Banque africaine de l’énergie (BAE), une institution ambitieuse portée par l’Organisation des producteurs africains de pétrole (APPO). Cette initiative, longtemps attendue par les pays producteurs et les acteurs du secteur énergétique, pourrait devenir un levier clé pour renforcer l’autonomie financière du continent dans ce domaine stratégique.

 

Un siège provisoire remis à Abuja

Le 2 février 2026, une étape concrète vers la mise en service de la BAE a été franchie à Abuja, au Nigeria, avec la remise officielle de son siège provisoire lors d’une cérémonie réunissant des responsables nigérians et africains, dont Mamadou Sangafowa-Coulibaly, président en exercice de l’APPO. Cette remise marque une avancée décisive vers la phase pratique de création de la banque.

 

Objectif de lancement et conditions à remplir

La BAE est aujourd’hui en phase quasi-opérationnelle, mais deux étapes clés restent à finaliser avant son lancement prévu en juin 2026 :

  • la constitution du conseil d’administration,
  • le recrutement de l’équipe dirigeante.

Ces jalons administratifs et institutionnels, ainsi que la capacité des États membres à accélérer leurs démarches, détermineront si le calendrier est tenu, soulignent les observateurs.

 

Un capital de départ et des engagements financiers

La Banque démarrera avec un capital d’amorçage de 500 millions de dollars, soit environ 10 % de l’objectif final envisagé par ses promoteurs, qui visent une enveloppe globale de 5 milliards de dollars pour son capital social. Plusieurs États producteurs, dont la Côte d’Ivoire, le Nigeria, l’Angola et le Ghana, ont déjà versé des contributions, via notamment l’Africa Energy Investment Corporation (AEICORP), la structure chargée de mobiliser les financements.

Un sommet des chefs d’État, prévu au premier semestre 2026, devrait permettre de consolider les engagements financiers restants et d’accélérer la mobilisation des capitaux nécessaires.

 

Un rôle stratégique pour le financement énergétique africain

Conçue comme un outil de financement panafricain dédié à la chaîne de valeur énergétique, la BAE vise à soutenir des projets allant de l’exploration à la production, transformation et commercialisation des hydrocarbures, tout en incluant des initiatives liées aux énergies renouvelables. Cette double orientation répond à la nécessité d’assurer l’accès au financement pour des projets souvent délaissés par les bailleurs internationaux, tout en participant à la transition énergétique sur le continent.

L’existence d’une telle institution pourrait contribuer à réduire les goulets d’étranglement financiers dans le développement d’infrastructures énergétiques essentielles, tout en renforçant l’autonomie énergétique africaine à long terme.

 

Contexte général du secteur énergétique africain

Le projet de la BAE s’inscrit dans un contexte où les pays africains cherchent à mobiliser davantage de financements locaux et internationaux pour stimuler la croissance du secteur énergétique. Sur le continent, de nombreux projets d’énergie renouvelable et de modernisation des réseaux font l’objet d’investissements importants, comme l’initiative Mission 300 de la Banque africaine de développement visant à connecter 300 millions de personnes au réseau électrique d’ici 2030, ou les financements dédiés à des projets solaires à grande échelle.

Source : www.lebrief.ma

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