Lors du 7ᵉ sommet UE‑UA, tenu fin novembre 2025 à Luanda (Angola), le président de l’UA, João Lourenço, a plaidé vigoureusement pour des « outils de restructuration de la dette plus équitables et efficaces » pour l’Afrique.
Son message résonne avec l’urgence pour de nombreux pays africains confrontés à un endettement lourd, entravant leurs capacités d’investissement dans le développement.
Selon lui, le cadre actuel, notamment le Common Framework initié par le G20 pendant la pandémie de COVID-19, montre ses limites : il a permis assez peu de progrès concrets, malgré des promesses d’accélération des restructurations.
Le président de l’UA a appelé à une vision renouvelée pour les relations financières entre l’Afrique et les institutions internationales une vision permettant aux pays africains d’investir dans leur développement sans rester asphyxiés par une dette insoutenable.
Pourquoi cette demande est cruciale
- Plusieurs pays africains présentent des niveaux d’endettement préoccupants, ce qui compromet leur capacité à investir dans l’éducation, la santé, les infrastructures, ou la relance économique.
- Les mécanismes actuels de restructuration souvent longs, complexes, marqués par des négociations prolongées ne répondent pas à l’urgence que vivent ces États.
- Une réforme globale de l’architecture financière mondiale pourrait permettre d’introduire des mécanismes de financement innovants, mieux adaptés aux réalités des pays en développement combinant soutien, souplesse et respect des capacités réelles de remboursement.
Réformes demandées et pistes envisagées
Parmi les propositions avancées :
- Mettre en place des mécanismes de refinancement plutôt que de simples rééchelonnements de dettes pour alléger immédiatement la pression financière.
- Encourager une représentation plus équilibrée des pays africains dans les institutions financières internationales.
- Promouvoir des instruments de financement innovants, plus transparents et plus justes, adaptés aux réalités des économies africaines.
Un enjeu crucial pour l’Afrique et pour le Sénégal
Ce plaidoyer prend tout son sens pour des pays comme Sénégal, dont la dette est souvent citée parmi les nations menacées par l’asphyxie financière. Un système de restructuration de la dette plus juste pourrait offrir à ces pays un répit et l’espace nécessaire pour investir dans le développement, répondre aux besoins sociaux et relancer la croissance durable.
Vers une architecture financière mondiale remaniée
Le sommet UE‑UA marque un tournant. L’appel lancé par l’UA, soutenu notamment par le United Nations (ONU), souligne l’urgence de repenser le système financier global.
La refonte ne concerne pas uniquement le remboursement de la dette, mais l’établissement d’un cadre plus équitable, plus juste, garantissant aux pays africains un développement durable et souverain.
Source : /www.reuters.com





