Lors de l’édition 2025 de l’Africa Investment Forum (AIF), tenue à Rabat du 26 au 28 novembre, la ministre ivoirienne de l’Économie, du Plan et du Développement, Kaba Nialé, a lancé un plaidoyer fort en faveur d’un accès accru au financement pour les femmes entrepreneures africaines.
Un constat alarmant : un déficit de capitaux pour les femmes
Selon la ministre, en dépit d’un taux d’entrepreneuriat féminin parmi les plus élevés au monde estimé à 24 % les femmes dirigeant des entreprises en Afrique subissent un déficit de financement qui pourrait dépasser 40 milliards de dollars.
Les principales barrières pointées sont les exigences de garanties souvent jugées trop strictes et une perception erronée du risque associé aux entreprises dirigées par des femmes.
Malgré ces difficultés, les indicateurs montrent que ces entrepreneures sont performantes : le taux de prêts non performants (non‑remboursés) demeure faible autour de 4,4 % et elles réinvestissent environ 90 % de leurs revenus dans leur communauté.
Vers un financement mixte et des dispositifs inclusifs
Pour combler ce fossé, Kaba Nialé préconise le recours au financement mixte (public‑privé, subventions + prêts, partenariats institutionnels) afin de corriger les défaillances du marché. Elle appelle les États, les institutions financières et les partenaires techniques à s’engager de façon plus soutenue.
Elle a mis en lumière des mécanismes déjà en œuvre en Côte d’Ivoire : le Guichet unique de développement des PME (GUDE‑PME), la Société de garantie des crédits aux PME ivoiriennes (SGPME) et le Fonds d’Appui aux Femmes de Côte d’Ivoire (FAFCI). Le FAFCI aurait déjà soutenu 370 000 femmes avec un taux de remboursement de 98 %, ce qui prouve l’efficacité des dispositifs lorsqu’ils sont bien conçus.
Elle a aussi mentionné des instruments financiers innovants comme les “obligations de genre” conçues pour encourager l’inclusion des femmes dans l’économie comme un levier pour mobiliser les ressources nécessaires.
Un enjeu économique et sociétal majeur
Kaba Nialé a rappelé que les femmes représentent « la colonne vertébrale des économies africaines ». Leur autonomisation économique constitue un levier essentiel pour le développement durable du continent.
Selon son intervention, corriger les inégalités d’accès au financement n’est pas seulement une question de justice sociale, mais un investissement stratégique pour la croissance, l’emploi, l’innovation et la réduction de la pauvreté.
L’appel lancé à Rabat souligne une réalité persistante : malgré leur dynamisme, les femmes entrepreneures peinent encore à accéder aux financements adaptés. Pour que leur potentiel soit pleinement mobilisé, il faudra des politiques audacieuses, des instruments financiers inclusifs, et une réelle volonté politique.
Source : Côte d’Ivoire-AIP/ AIF 2025





