Selon le dernier rapport de l’UNCTAD publié le 21 juillet 2025, deux tiers des pays en développement (95 sur 143) restent fortement dépendants des exportations de produits de base, ces derniers représentant plus de 60 % de leurs recettes à l’export. Cette dépendance est particulièrement courante dans les pays les moins avancés, les États sans littoral et certains petits États insulaires, qui y sont exposés à hauteur de 80 % ou plus.
Dans de nombreuses régions d’Afrique centrale et occidentale, cette dépendance dépasse 80 % des exportations totales, soulignant un modèle économique concentré sur quelques produits primaires.
Des conséquences économiques et sociales sérieuses
La dépendance à un nombre limité de produits primaires expose ces pays à de fortes vulnérabilités : volatilité des prix mondiaux, instabilité macroéconomique, et fragilité de la production locale. Elle fait obstacle au développement industriel, pénalise la croissance de la productivité et compromet la stabilité budgétaire.
De plus, cette situation est souvent liée à un faible niveau de développement humain. En 2021, 29 des 32 pays classés « faible IDH » étaient dépendants des produits de base, et ces produits représentaient en moyenne 82 % de leurs exportations totales.
Une part réduite du commerce mondial… au risque d’être marginalisés
Entre 2021 et 2023, les produits de base représentent légèrement moins d’un tiers du commerce international (32,7 %), contre 35,5 % dix ans plus tôt. Cette évolution contraste avec la croissance globale du commerce des marchandises, qui a augmenté de 25,6 % contre seulement 15,5 % pour les produits primaires.
Cette tendance montre que les économies qui misent exclusivement sur ces produits risquent d’être marginalisées à mesure que la valeur ajoutée et l’innovation gagnent du terrain dans le commerce mondial.
Des pistes de transformation identifiées par l’UNCTAD
L’UNCTAD propose une feuille de route stratégique fondée sur l’ajout de valeur et la diversification économique. L’organisation recommande notamment :
- Le développement de politiques industrielles vertes ciblées pour intégrer les chaînes de valeur régionales et stimuler l’innovation.
- La montée en capacité technologique pour des secteurs à haute valeur ajoutée.
- L’exploitation des potentialités des énergies renouvelables (solaire, éolien) comme leviers de diversification économique.
- L’accès facilité à des financements, des infrastructures modernes et la création de zones économiques spéciales pour encourager l’investissement.
Des exemples concrets montrent qu’un tel changement est possible : la Malaisie est passée du caoutchouc et de l’étain à l’électronique, et le Costa Rica a diversifié son modèle autour du tourisme et des services médicaux.
Source : unctad.org





