Industries de farine et d’huile de poisson au Sénégal : impacts socio économiques et défis pour la transformation artisanale

développement depuis plus d’une décennie, joue un rôle croissant dans l’économie halieutique. Une étude publiée récemment dans la Revue belge de géographie (Belgeo) analyse l’impact de ces installations industrielles sur la transformation artisanale traditionnelle dans les zones de Cayar, Joal et Dakar.

 

Une industrie en expansion qui capte des ressources locales

Historiquement, la transformation artisanale des produits halieutiques  notamment la production locale de poisson grillé, salé ou séché comme le « kéthiakh » représente une source essentielle de revenus pour de nombreuses communautés sénégalaises, particulièrement des femmes transformatrices qui dépendent de ces activités pour leur subsistance.

Cependant, la montée en puissance des usines industrielles de farine et d’huile de poisson, qui transforment massivement les petits pélagiques côtiers (comme la sardinelle) pour alimenter l’aquaculture et les marchés d’exportation, a transformé profondément ce paysage économique. Ces unités industrielles consomment désormais des volumes importants de poissons frais qui étaient auparavant utilisés par les acteurs artisanaux locaux.

 

Une concurrence accrue pour l’accès aux matières premières

L’analyse conduit par les chercheurs montre que les transformateurs artisanaux éprouvent de plus en plus de difficultés à accéder aux matières premières nécessaires pour exercer leur activité. La demande croissante des usines industrielles, liées aux marchés internationaux, réduit la disponibilité de poissons pour les artisans locaux, notamment les femmes qui travaillent dans les structures de transformation traditionnelles.

Par exemple, à Cayar, Joal et Dakar rois zones stratégiques de transformation artisanale les données montrent une diminution significative de l’accès aux pélagiques, ce qui a directement limité la capacité des transformateurs à produire des produits locaux traditionnels. Cette réalité s’accompagne d’une baisse des revenus pour les femmes transformatrices, qui se retrouvent contraintes de s’adapter ou de ralentir leurs activités artisanales.

 

Source : /journals.openedition.org

 

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