Lors du Forum Invest in Sénégal (Fii Sénégal) 2025, le panel « Vision 2050 : PPPs as Growth Accelerators with Limited Resources » a mis en exergue l’importance cruciale des partenariats public-privé (PPP) pour propulser la transformation économique du Sénégal. Dans un contexte de ressources publiques contraintes, l’État entend s’allier au secteur privé pour bâtir des infrastructures durables, faire émerger des filières stratégiques, former localement et créer des emplois à grande échelle.
Le besoin d’un contenu local solide

Les intervenants ont insisté sur le fait que former n’est pas suffisant : il faut que la formation soit reliée à la pratique. « La formation actuelle dont on parle, elle est une nécessité fondamentale si on veut avoir un contenu local de qualité », disait l’un des panélistes. On ne peut pas simplement former des étudiants sans disposer d’ateliers, d’usines, dans les périphéries, pour les absorber, les mettre en situation, renforcer la théorie avec le concret.
Le secteur privé comme acteur de la transformation

- Le secteur privé doit jouer un rôle pivot, non seulement comme source d’investissement mais comme co-acteur dans la définition des programmes de formation, dans la gestion des projets, dans le pilotage industriel local.
- Avec les contraintes budgétaires de l’État, le public attend du privé qu’il apporte des ressources, des compétences techniques, des idées d’organisation (par exemple management privé, collecte de financements privés, innovation).
- Mais pour que cela fonctionne, il faut que le cadre soit propice : législation claire, incitations, partenariats stables, délégation de pouvoir, etc.
Objectifs, défis et dimension régionale
- L’un des grands objectifs mentionnés dans les notes : 300 000 emplois par an à créer. C’est ambitieux, et cela nécessite que l’investissement se fasse sur plusieurs fronts : industrie, formation, infrastructures.
- Le panel rappelle que pour tirer profit de la Vision Sénégal 2050, le Sénégal doit penser non seulement à ses besoins internes, mais à sa sous-région (CEDEAO), pour permettre de grands marchés, des économies d’échelle, des entreprises “dimensionnées” pour concurrencer au-delà de ses frontières.
- Les défis sont nombreux : alignement des discours et des actes ; diffusion de la formation aux zones périphériques ; attractivité pour les investisseurs internationaux ; capacité administrative de mise en œuvre des PPP ; garantir que le contenu local (matières premières, main d’œuvre, fabrication locale) soit réellement utilisé.
Ce que disent les sources officielles
- L’UNAPPP, sous la coordination de Baba Malick Ba, a réaffirmé que les PPP sont essentiels pour la Vision Sénégal 2050, notamment pour mobiliser l’investissement privé, réaliser des infrastructures durables et optimiser les ressources publiques.
SOURCE : Ministère de l’Économie
- Le gouvernement prévoit d’investir environ 4 370 milliards de FCFA via les PPP de 2025 à 2029.
SOURCE : Le Soleil+2APS – Agence de Presse Sénégalaise+2
- Trois conditions sont présentées comme indispensables pour réussir : un cadre juridique/institutionnel robuste, des agents publics bien formés, un secteur privé capable et dynamique, structuré, et disposé à assumer ses rôles et responsabilités.
SOURCE : APS – Agence de Presse Sénégalaise+1

Le panel du Fii Sénégal 2025 met en lumière une dynamique forte : le Sénégal ne veut plus être passif dans sa transformation. Il souhaite que l’État et le privé marchent main dans la main pour bâtir, former, innover, et industrialiser. Les PPP sont aujourd’hui l’un des leviers centraux — mais leur succès dépendra de la sincérité des engagements, de la mise en œuvre concrète, de la capacité des régions périphériques à se doter des infrastructures nécessaires, et de la valorisation locale des ressources humaines et matérielles.






